Espaces et silences

Ramener la matière au discours formalisé…. au risque de la réduire à une formalisation forcée ou à une illusoire forme.

c’est dans un dialogue de Platon qu’on rencontre, Ménon, celui qui littéralement demeure sur place. Il refuse de sortir du fixisme de la forme. En d’autres termes, il est borné.

j’étais exaspérée par un taon qui prenait la mouche.

Une fois encore la bêtise était de mise. On me reprochait de na pas savoir me taire.

Alors oui. Ce site sera le lieu d’une rencontre avec tous ceux qui ne consomment pas ou ne captent pas le savoir pour le mettre à l’abri… de qui ? Ce savoir si nécessaire est aujourd’hui dans les limbesd’une descente aux Enfers. Les réseaux prennent des places gratuites à la grande orgie d’un amour de soi qui n’est plus narcissique mais vide d’un objet dispersé dans des cerveaux d’apprennant qui n’ont plus les moyens de se rassembler autour d’une question fondatrice 

 

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un lieu pour réfléchir

le vrai comme destin

 

 

 

le bruit tue le silence

le silencieux est l’arme de la mafia. Rappelons nous de Gorgias qui se vante de pouvoir administrer juste par la force du discours, un médicament à un patient récalcitrant.

ainsi double-t-il son frère médecin qui échoue. Doubler signfie accompagner, renforcer mais aussi trahir, comme on l’entend dans Le Parrain.

(voir l’analyse qu’en propose Philosophie Magazine)

 

 

j’ entends un bruit sourd

Nous sommes aux prises avec  un infini terrible, une démesure inquiétante, nous surprenant à entendre en écho ces grands espaces infinis nous effraient toujours, nous qui pensions être “comme maîtres et possesseurs de la nature 

Le temps de l’intelligence artificielle c’est celui de la connexion. Pas celui de la continuité. Daniel Andler écrit que l’intelligence artificielle “ne retient du cerveau, initialement en tout cas,que le caractère discontinu de sa structure et le caractère booléen (o/1) de son langage”(p.104). Elle considère comme négligeable la dimension physique et biologique du cerveau.

Cette mise de côté de la continuité, le temps de la chronologie, c’est aussi ce qui explique la non prise en compte de la causalité.

Capacité d’une simulation qui peut rassurer( l’IA c’est mon ami!…oui peut-être mais c’est lui qui a érigé ses propres règles). Qui tient la direction ?S’il ya une direction dans un monde où le droit disparaît et où la tyrannie des hommes et de l’argent font droit.                                

Bernard Stiegler écrira :

«L’ère de l’Anthropocène, c’est l’ère du capitalisme industriel au sein duquel le calcul prévaut sur tout autre critère de décision et où, devenant algorithmique et machinique, il se concrétise et se matérialise comme automatisme logique, et constitue ainsi précisément l’avènement du nihilisme comme société computationnelle devenant automatique, téléguidée et télécommandée.»

nous comprenons peu, voire pas du tout ce  monde, conséquence d’un certain développement du libéralisme et de la loi d’entropie qui s’y rattache

“Ce procédé tend alors à une «dés-intégration des individus devenant « dividuels »», c’est-à-dire à l’absorption, via la captation numérique, de l’ensemble des caractéristiques physiques et psychologiques qui permettaient à l’individu de s’individuer. L’individuation diverge de l’individualisme dans le sens où le premier considère l’individu comme unique et le second comme «un». Autrement dit, l’individuation conçoit l’individu comme perpétuellement inachevé et susceptible de se transformer par la socialisation, à travers une individuation psychique («Je»), collective («Nous») et technique (le milieu dans lequel évoluent le «je» et le «nous»).C’est ce qui fait dire à Stiegler qu’«avec ces relations programmées advient la dividuation, au sens de Guattari, c’est-à-dire la destruction de l’in-dividuation au sens de Simondon –ce qui constitue la base de la « gouvernementalité algorithmique »

 

Mon travail surles exercices philosophiques m’a conduit peu à peu à comprendre ce qu’aujourd’hui on nomme, en pédagogie, le “geste enseignant”. Je ne me lancerai pas dans un travail d’approfondissement d’un concept porteur de significations multiples et d’autant de débats.

Je me limiterai à le penser comme une prise en compte de l’élève, “de cet élève-là” (ce temps-là, ce lieu-là), par le geste du professeur qui n’est pas général ni magistral, même s’il s’agit d’un savoir généralisé pour tous et tenu par un maître (magister) A ce titre, un discours scolaire est toujours magistra et …… il est    geste car il fait geste, il s’adresse à…

Le geste, le cours du professeur s’adresse à un £etre singulier.

le discours  du professeur se veut inclusif à l’opposé d’un discours d’intégration. C’est au contraire un discours de l’individuation, où l’individu ne  se réduit pas à un individu individualiste mais se construit au contact de son expérience, faisant de lui un être unique. Pris sous cet angle le professeur n’est pas seulement celui qui délivre un savoir à un auditoire abstrait pas plus qu’il n’est à l’écoute des discours existentiels des élèves – ce qui ne veut pas dire qu’il n’est pas attentif.

en recourant à des exercices on laisse ouverte la porte à des interprétations variées et variables de la part de l’élève et de son correcteur.- et l’iA obéit à cette logique de prendre en compte le multipl- plus aisement que le correcteur humain

il s’agit de redéfinir la perception générale de la classe àl ‘aune de ces propositions(quelle image construit-elle comme réponse à une question posée à chaque élève ? Est-ce seulement possible ? Est-ce la somme d’individus particuliers?

 

nous sommes mortels

En comparant les réponses de l’iA, le cours devient une affaire personnelle, où il n’y a pasune reponse unique, mais une diversité, faisant du geste non pas une application aveugle nommée “professionnelle” mais un savoir-faire. C’est ce savoir-faire que le professeur met en place lorsqu’il reprend la correction : mettre en place un lieu de recueillement de la pensée en train de naître

 

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CONQUETE DE L’espace

co-agir, co-llaborer, co-llection… collectif
j’ai découvert il y a peu le mot « co-living » pour remplacer celui de collocation. J’aimais bien l’expression « mon colloc ». Mon co-living renvoie plus à mon prochain lifting. Histoire de rire de ces coquilles vides habitées par des Bernard l’ermite en rupture de colloc
Avec tous ces mots, on pourrait croire au triomphe du commun, à la fin de l’égoïsme, la vérité de la démocratie… Démocratie, il nous faudrait être des Dieux, soupire Rousseau, pour que cette démocratie soit plus qu’un voeu. Mais alors ce serait du superflu, les dieux parfaits par définition, étant autosuffisants. Ils dorment. Quand on est « comblé », le désir ne se met pas en mouvement : il n’y a pas la place.
Seuls les hommes dont le manque, c’est-à-dire l’nsati est constitutif, peuvent jouer de la démocratie en en faisant un mouvement qui tente de rapprocher les hommes d’un naturel peu enclin à vivre et partager le même espace.
Il s’agit bien du mot « espace », au sens d’une géométrie de la position distincte du lieu qualitatif, protecteur. L’espace ne protège pas. Bien au contraire, il ouvre sur l’infini, source de frayeur et d’effroi.
J’entends les pensées de Pascal


« L’espace est un doute : il me faut sans cesse le marquer, le désigner ; il ne m’est jamais acquis, il ne m’est jamais donné, il faut que j’en fasse la conquête. »
— Georges Perec, Espèces
d’espaces (1974)

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